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Le Département accueille 78 mineurs étrangers dans une ancienne caserne à Rennes

publié le 03.10.2017

78 mineurs étrangers (dits « non accompagnés »), auparavant hébergés dans des bâtiments mis à disposition par le CROUS pendant la période estivale, sont désormais accueillis dans l’ancienne caserne de Gendarmerie Guillaudot  (Rennes), propriété du Département d’Ille-et-Vilaine, depuis jeudi 24 août.

 « Le Département doit assumer avec humanité l’accueil des mineurs non accompagnés. Notre dispositif d’accueil étant saturé, nous sommes amenés à faire de l’une de nos propriétés départementales, l’ancienne caserne de gendarmerie Guillaudot, à Rennes, un centre d’hébergement pour une centaine de jeunes » explique Jean-Luc Chenut, Président du Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine. Le choix d’ouvrir l’ancienne caserne Guillaudot répond à une situation d’urgence liée à la saturation du dispositif d’accueil des mineurs confiés au Département dans le cadre de la protection de l’enfance.

Accompagnement confié à Coallia

La moyenne d’âge des mineurs non accompagnés confiés au Département dans le cadre de la protection de l’enfance est de 15-16 ans. D’où la nécessité d’un accompagnement adapté, qui sera assuré par  l’association Coallia, spécialisée dans l’accueil, l’accompagnement et l’hébergement des publics fragilisés vers l’insertion et l’autonomie.
Le niveau scolaire des jeunes est évalué par un service spécialisé au Rectorat. En fonction des résultats, une admission dans des classes adaptées s’organise. Par ailleurs, souvent non francophones, les jeunes ont besoin d’apprendre la langue française, soit préalablement, soit en intégrant des classes spécifiques. Après ce temps d’orientation et d’évaluation, un parcours scolaire à visée d’insertion sociale et professionnelle du jeune peut se construire.

Une solution provisoire en attendant des places supplémentaires

L’hébergement dans la caserne Guillaudot est  une solution provisoire en attendant la création de nouvelles places d’accueil pour ces jeunes mineurs .En juin dernier, l’Assemblée départementale a donné son accord pour la création de 210 places supplémentaires.  Un appel à projet relatif à la mise en place d’un dispositif innovant d’hébergement et d’accompagnement des mineurs non accompagnés (MNA) et des jeunes majeurs MNA a alors été lancé(voir l'appel à projets )  

Des travaux de sécurisation et d'aménagement des locaux

Libérés par la Gendarmerie nationale en  août 2013, les lieux sont  restés inoccupés.  Des travaux de première nécessité, notamment de sécurité, ont été réalisés pendant l’été : mise en place de ferme-portes aux entrées de toutes les pièces, d’extincteurs, vérification des systèmes de sécurité incendie, de la VMC,  des robinetteries, chaudières, câblage informatique, téléphonique, électrique ; Installation d’un visiophone pour filtrer les entrées et les sorties du site ; travaux de peinture dans les escaliers et dans certaines chambres ; remplacement de pommeaux de douches et reprise des joints au pourtour des baignoires ; réparation d’une partie de la toiture (fuite dans un logement au dernier étage de l’un des bâtiments) ; nettoyage du site et mise en place de gravier aux abords des bâtiments…
Le Département d’Ille-et-Vilaine a fait par ailleurs l’acquisition de lits, armoires, oreillers, matelas et de quoi équiper cuisine et salle de restauration. Le budget alloué aux travaux et aménagement, prestation de ménage de l’ancienne caserne et du CROUS comprise, s’élève à 187 000 euros TTC.
 

Une problématique nationale

Tous les Départements sont confrontés à l’arrivée régulière de mineurs non accompagnés, y compris ceux qui n’étaient pas concernés par cette question il y a encore quelques mois. Tous sont à la recherche de solutions diversifiées pour assurer la prise en charge de ces mineurs.

« Il est urgent que le Gouvernement propose des solutions à la hauteur des enjeux. Les Départements ne peuvent pas, seuls, assumer des flux d’une ampleur inégalée » redit Jean-Luc Chenut, en soulignant « que le financement de ces dispositifs, qui résultent de la gestion des politiques migratoires, compétence régalienne de l’Etat, doit d’abord reposer sur la solidarité nationale »